RCV/USO – La Chronique de Jackie « Le RC Vannes renverse le leader »

Au bout d’arrêts de jeu interminables (8 minutes) et poussés par une Rabine en folie, nos joueurs ont bénéficié de cinq pénalités avant que Bouthier n’inscrive l’essai libérateur. Un scénario à couper le souffle pour un match qui restera dans les annales du Rugby Breton.

Vannes, 14ème, recevait Oyonnax, 1er, c’est dire que les supporters étaient dubitatifs quant à l’issue du match… D’autant plus qu’à l’aller, les Oyonnaxiens nous avaient planté 3 essais dans le premier quart d’heure de jeu.
Est-ce pour soutenir notre équipe en position périlleuse, l’affiche d’Oyonnax, ou le retour de températures plus clémentes ? Toujours est-il que les tribunes étaient combles.

D’entrée de jeu, nos joueurs imposent leur loi, privent leur adversaire de munitions et le poussent à la faute, notamment en mêlée fermée. Le compteur affiche ainsi 6-0 à la 22ème minute. Lorsqu’Oyonnax bénéficie de pénalités bretonnes, les Haut-Bugistes tentent deux pénaltouches non suivies d’effet et doivent se résoudre à botter : 6-6 (36′) Le match est serré mais nous sommes heureux de voir notre équipe, sinon dominer les débats, au moins faire jeu égal.

Le score à la mi-temps (9-6) nous rassure, certes mais il reste encore 40 longues minutes…

Retour des vestiaires, l’USO entend bien remettre les pendules à l’heure, mais nos joueurs ne s’en laissent pas conter et remettent la main sur le ballon. Deux actions de maul nous font rêver, mais la défense oyonnaxienne est hermétique. Les deux équipes s’en remettent alors à leur buteur : 12-9 (61′). Lorsque 10 minutes plus tard, Oyonnax, nous crucifie en trouvant la terre promise : 12-16. Il reste 8 minutes de jeu. La défaite serait vraiment trop frustrante : avoir dirigé les débats, mené au score durant 70 minutes et échouer à 10 de la fin ?

Mais ce serait oublier la générosité, la ténacité et la vaillance de notre équipe, qui va pilonner la ligne adverse au-delà du temps réglementaire, pour enfin rétablir l’ordre des choses, par un essai d’Anthony Bouthier ! Les tribunes, après avoir longuement poussé leur équipe, hurlent de joie, à tel point que tout le monde en oublie de faire silence pour la transformation d’Ash Moeke, lequel ne tremblera pas.
Score final : 19-16
Une victoire qui restera dans les annales : la première à domicile en 2017, face au premier, récent pensionnaire du Top 14. Ce fut aussi peut-être le match le plus abouti de la saison. Quel spectacle ! N’oublions pas que les Oyomen nous ont fait trembler. Cette victoire est d’autant plus bienvenue qu’Albi, notre concurrent direct a atomisé Dax par 52 à 7. Nous campons toujours à la 14ème place, mais une défaite ce vendredi nous aurait amenés à la 15ème….

Dans l’immédiat, ne boudons pas notre plaisir et savourons cette victoire à sa juste valeur.

RC Vannes – Oyonnax: 19-16 (9-6).

Arbitre: M. Millotte (Ile-de-France). 9000 spectateurs environ.

Vannes. 1 essai de Bouthier (80’+8). 1 transformation de Moeke (80’+7). 4 pénalités de Moeke (5’, 23’, 40’, 62’).

Oyonnax. 1 essai de Fabbri (71’). 1 transformation de Botica (71’). 3 pénalités de Botica (32’, 37’, 58’).

Vannes. Bouthier – Lagarde, Trainor, Hickes (Mourot, 53’), Pic (Duplenne 65’) – (o) Moeke, (m) Payen (cap.) – De Bruin, Vosawaï, Abiven (Stoltz 71’) – Van Jaarsveld (Lagioiosa, 53’), Delangle – Tafili (Dumas 49’), Cloostermans (Anga’aelangi 62’), Fry (Phelipponneau 59’).  Entraîneurs : Jean-Noël Spitzer et Wilfrid Lahaye.

Oyonnax. Etienne – Codjo (Sheridan 72’), Taufa, Veau, Ikpefan (Tian, 54’) – (o) Botica, (m) Hall (Cibray 59’) – Sobela (Fa’asavalu 49’), Ma’afu, Taieb – Ursache (cap.), De Marco (Fabbri 59’) – Tui (Vepkhvadze 41’), Mac Donald (Geledan 49’), Raynaud (Mirtskhulava 65’).

Clément Payen :
« C’est un match comme ceux qu’on faisait en Fédérale 1 à faire tomber tous les gros. Nous n’avions pas de pression, juste à nous livrer dans la bataille. Nous les avons pris du début jusqu’à la fin. Nous avons fait quelques erreurs mais dans l’énergie nous y étions. C’est énorme d’arracher la victoire après 8 minutes d’arrêt de jeu, sans avoir fait tomber le ballon. »

Geoffrey Fabbri, 2e ligne de l’US Oyonnax :
« Nous avons eu un peu de mal à entrer dans le match, nous savions que Vannes allait jouer leur survie. Nous avons été bousculé un peu. Après, nous nous sommes bien remis dedans. L’essai nous fait du bien, nous pensions tenir le match. Mais un match peut durer 88 minutes, pas seulement 80 ! »

Le mot de la fin, Bernard Laporte :
« A dix minutes de la fin, je n’y croyais plus, mais vous, vous y avez cru, un seul mot, Bravo!!!« 

Le détail du match  ici