Interview Florian Plu, préparateur physique adjoint

– Interview Florian Plu-

Florian Plu après avoir travaillé avec Simon Boisbluche au Stade Nantais il y a 4 ans a rejoint le RCV depuis la saison dernière.

Il possède une grosse expérience d’athlète puisqu’il a participé à plusieurs championnats de France en saut en hauteur et il détient également un Master 2 en préparation physique de l’université de Lyon.

Il a été  auparavant préparateur physique adjoint au centre de formation de Bourgoin puis adjoint sur la préparation physique de l’équipe 1ère du stade nantais.

Après une saison à mi-temps, il travaille à temps complet au RCV.
Il a en charge  tout le monitoring de la charge d’entraînement ainsi que du Tracking GPS.

« C’est devenu un secteur clé de la préparation physique et c’est une chance de l’avoir à nos cotés. » (Simon Boisbluche)

Avec un emploi du temps très chargé, Florian quand il le peut, occupe le poste d’arrière ou d’ailier à Grand Champ.

Interview

Photo M.Renac

 

1/ Flo, peux-tu nous parler de ta formation qui t’a amené à devenir préparateur physique dans un club de Rugby ?

J’ai une formation universitaire en fac de STAPS avec une licence entrainement sportif passée à Nantes et un master de préparation physique, mentale et réathlétisation que j’ai passé à l’UFR STAPS de Lyon ou j’ai pu faire mes armes dans le rugby dans le centre de formation de Bourgoin-Jallieu (de Cadet à Espoir).
J’ai aussi le diplôme universitaire européen de préparation physique que j’ai aussi passé à Lyon.

2/ Tu as fait de la compétition comme sauteur en hauteur, qu’est ce qui t’a attiré dans l’athlétisme et pourquoi cette discipline de la hauteur ?

Je ne peux pas dire que j’ai été attiré par l’athlétisme, j’ai commencé à l’âge de 5-6 ans et je n’en suis pas sorti avant mes 22-23 ans. Par contre les valeurs de dépassement de soi et de force de travail pour performer à son plus haut niveau m’ont fait pratiquer pendant 18 ans. Quand on est petit on fait toutes les disciplines en compétition, du cross au lancé du poids, mais le saut hauteur c’était toujours la discipline ou je finissais le dernier (je sautais plus haut que les autres donc je tenais plus longtemps dans le concours) et je remportais souvent le concours. Je pense que c’est cela qui qui m’a fait aimer le saut en hauteur et ensuite j’ai travaillé cette discipline pour arriver au plus haut niveau national.

3/ Tu as travaillé avec les jeunes de Bourgoin, quels enseignements principaux as-tu tirer de ce travail avec les jeunes ?

Avec les jeunes il faut mettre en place des situations où ils ont l’impression de s’amuser et ensuite apporter des corrections et des billes techniques pour les faire progresser. L’implication du joueur dans le travail physique ou technique et autant important que la situation de travail. Plus on monte dans les catégories d’âge et plus il faut être précis dans le travail proposé.

4/ D’abord à mi-temps, maintenant à temps complet, comment fonctionnes-tu avec Simon et comment vous partagez vous le travail ?

Avec Simon c’est un échange quotidien pour gérer le travail des joueurs mais aussi pour gérer leur charge d’entrainement. Simon est en charge de la programmation du travail de musculation et est en coordination avec les entraineurs (Jean-No et Ged) pour le travail des qualités aérobies et anaérobies pendant les entrainements terrain. Pour ma part je suis en charge du développement des qualités de vitesse des joueurs mais aussi du monitoring GPS et de la charge d’entrainement. Je suis aussi en charge de la reprise terrain des joueurs en retour de blessure. Je suis épaulé par Matthieu Henry (stagiaire au club et préparateur physique au Rennes Étudiant Club) qui m’aide à collecter les données de charge d’entrainement mais aussi avec les joueurs blessés.

5/ Dans la partie musculation, comment assistez-vous les joueurs, comment gérez-vous le tempo de leur travail ?

Lors de chaque journée d’entrainement avec de la musculation, Simon donne le programme à chaque joueur et à partir de là ils savent quoi faire, ils sont pros, nous on est là pour les aiguiller sur les exercices, notamment sur les placements et sur les vitesses d’exécutions.
Le tempo il varie en fonction de ce qu’on cherche à travailler et donc en fonction du moment de la saison. En pré saison on était sur un tempo lent pour venir le renforcer et donc le protéger un maximum des blessures alors que durant la saison on est plutôt sur un tempo rapide pour favoriser son explosivité.

6/ Quelle ont été les plus grandes évolutions dans votre travail par rapport à la saison dernière ?

On a eu la chance d’avoir un arrivage de matériel pour la salle de musculation mais aussi pour le travail physio sur le terrain cela amène des modifications dans les programmations et dans les exercices proposés mais la principale évolution vient du fait de se questionner sur ce qu’on pourrait améliorer ou faire différemment pour que les joueurs et l’équipe soient plus performants.

7/ Comment situes-tu le niveau physique des joueurs par rapport à ce que vous aviez prévu sur ce début de saison ?

L’équipe est composée d’une quarantaine de joueurs donc c’est compliqué de faire une réponse courte mais nous pouvons dire que l’équipe est au physique attendu et donc au niveau de la compétition.

8/ Un mot sur le joueur de rugby Florian Plu qui joue arrière ou ailier, et est-ce que ça t’aide dans ton métier sur ce que ressentent les joueurs ?

Connaitre l’activité permet d’être au plus proche de la réalité sur le travail terrain proposé mais aussi en termes de gestion de la récupération notamment après un match même si ce que moi je vis en tant que pratiquant n’a rien à voir avec ce qu’eux vivent sur les terrains de pro D2. Cela aide aussi avec le contact que je peux avoir avec les joueurs car ils savent que je sais ce qu’ils vivent, toute proportion gardée.

Flo avec le Stade Nantais

Flo à la Hauteur Dijon 2008

9/Un dernier mot sur ce début de saison avant le déplacement à Oyonnax, quel est l’impact sur le plan physique de deux matches à l’extérieur avec les déplacements  ? Et comment gérer la récupération  ?

Ce n’est pas le meilleur enchainement pour gérer le travail des joueurs car il y a du déplacement, des nuits courtes et beaucoup de trajet, tout cela engendre de la fatigue et donc une mauvaise récupération. La gestion de la charge d’entrainement entre les deux est donc importante pour optimiser la performance du joueur sur le terrain.
La récupération c’est une affaire du quotidien avec en premier lieu du sommeil et une bonne alimentation, ensuite il faut proposer aux joueurs des moyens de récupération comme les bains froids, l’accès à la piscine pour la détente musculaire mais rien ne remplace le sommeil et la bonne alimentation

Avant match à Bourg en Bresse

Merci Flo, et bon match à Oyonnax!