Interview de Jean-Noël Spitzer

 

A la découverte de –

 

Jean-Noël SPITZER 

 

 

 

Depuis la saison 2005/2006, Jean-Noël Spitzer entraîne le RC Vannes avec la réussite qu’on lui connait.

Avant d’attaquer son quatorzième exercice à la tête des Bleu & Blanc, et son troisième dans le monde professionnel, nous avons fait le point avec lui.

Interview

Jean-Noël, déjà deux saisons en Pro D2, quelle est la grande évolution que tu as pu voir de ton équipe depuis Juillet 2016?
L’évolution vient surtout de ces 2 années passées dans ce championnat. On a davantage de conviction et le sentiment d’une meilleure maîtrise tant dans les contenus que dans la planification. Le squad compte également davantage de vécu compétitif.

Photo M.Renac

Par rapport à ces débuts dans le monde professionnel, comment as tu adapté la reprise de ton groupe avant la première journée de Championnat?
On a fait le choix d’une préparation assez longue (8 semaines et demies effectives) afin de séquencer en 3 blocs. Un premier à dominante physique et technique, dont la charge a augmenté progressivement. Un second davantage orienté rugby avec une grosse charge de travail notamment lors des 8 jours à Saint-Lary et qui se conclura par le match à Jersey. Le dernier nous mènera vers le championnat avec un dernier match de préparation. Les charges de travail diminueront en gardant une intensité élevée et davantage de précision sur le plan stratégique.Le rugby a été présent dès le départ tant en principes offensifs, défensifs ou la conquête car de nouveaux systèmes et de nouveaux codes devaient être assimilés.

Pas mal de joueurs qui ont participé à la montée sont encore présents, comment juges tu leur évolution et les progrès effectués?
Nous ne sommes pas montés par miracle. Nous nous sommes hissés en ProD2 parce que des bons joueurs portaient le maillot du club. Ils se sont fixés un objectif commun élevé, ont développé une identité collective et ont travaillé en conséquence. Les joueurs qui sont encore dans l’équipe le sont d’abord parce qu’ils ont la capacité à exister réellement dans cette compétition. On les découvre, ils s’y découvrent aussi peut être, mais moi, je n’ai pas de doutes sur leur capacité à être dans les standards de la compétition voire à y dominer. La modification des rythmes de l’entraînement et du suivi les fait progresser athlétiquement mais c’est surtout la répétition des matchs qui forge leur expérience. Au delà de leurs performances, ils sont un repère pour l’équipe. Savoir d’où on vient, se rappeler quels efforts il a fallu faire pour parvenir au monde professionnel mais aussi rester simple et enthousiaste sont une part de l’identité collective de l’équipe qu’ils transmettent.

Peux tu nous parler de ton staff, avec l’arrivée de Gerard Fraser, et du partage de vos responsabilités?
Gerard nous rejoint cette année. L’adaptation a été rapide dans le travail du staff et on trouve nos habitudes de fonctionnement. L’idée générale est qu’on partage au sein du staff plutôt qu’on divise et cloisonne les responsabilités. Il y a évidemment des aspects du jeu tant sur les avants, les 3/4 ou la technique individuelle où les tâches sont identifiées mais on s’accorde sur le fait que le rugby n’est pas une suite d’actions déconnectées. Je ressentais un besoin de changement et les joueurs l’exprimaient aussi sur notre projet de jeu et notre démarche d’entraînement. Gérard nous apporte une démarche différente, plus analytique et formalisée. Il est source de proposition sur des options de jeu et la démarche. Je maintiens le cadre des points forts des années précédentes dans le jeu et l’organisation.

Le staff rugby c’est aussi Goulven Le Garrec, qui occupe un rôle central dans notre fonctionnement. Son rôle est centré sur l’ensemble des aspects techniques que nécessite le projet de jeu tant auprès de Ged et Moi que des joueurs. Il a moins « la tête dans le guidon » que nous dans la préparation des matchs et de l’entraînement collectif et reste très disponibles mentalement pour apporter une compétence aux joueurs et au staff sur le terrain comme dans l’échange.
La préparation physique est organisée autour de Simon Boisbluche, qui est responsable de ce secteur (voir l’interview de Simon). Il oriente la planification et les priorités en relation avec Ged et moi, conçoit et anime les contenus. Florian Plu, l’accompagne dans ce secteur avec un focus particulier sur le monitoring et le suivi de performance. 3 stagiaires ont participé à la pré-saison, Matthieu, Stephane et Micheal afin d’offrir plus de suivi aux différents groupes de joueurs.
Joe deBruin, qui entraîne dorénavant les U22, a participé à la pré saison du groupe pro, en s’occupant de la réhabilitation des joueurs blessés, du suivi des espoirs intégrés à la pré saison et des attitudes aux contacts.
Aymeric Chateigner reste l’analyste vidéo du groupe pro, en charge notamment des séquençages et captures, coordonne le travail individuel des joueurs dans la préparation des matchs et de leur performance.
Le staff médical verra lundi l’arrivée d’un nouveau médecin référent pour accompagner Patrick Le Marthelot. JeanPierre Darnaud est l’ostéo référent, présent chaque jour au centre d’entraînement et de loin l’élément le plus expérimenté du staff. Il est accompagné par Lucie Rideau, qui travaillait déjà comme Kiné à l’asso. Aymeric Le Marthelot et Sandrine Agricole interviennent également ponctuellement auprès du squad. Nous disposons de l’aide précieuse d’une secrétaire médicale, Eléonore qui coordonne les actions médicales et les RdV auprès des différents spécialistes qui accompagnent la cellule médicale.
Thierry Canal est l’intendant du groupe en charge au quotidien de la logistique matériel et transport. Jean-Claude Le Beller est le secrétaire administratif. Christian Raison le cuisinier.
Je crois avoir fait le tour car s’occuper de 35 gros bébés, il faut du monde…

Cette année, des recrues d’expérience comme Chalmers, Vuluvuli, Tuohy sont arrivés, qu’attend tu particulièrement d’eux?
C’est la première fois depuis qu’on a accédé à la proD2 que le club oriente son recrutement vers des joueurs avec ce vécu. J’attends la même chose que tout le monde j’imagine. Qu’ils soient au niveau qu’ils ont chacun précédemment exprimé. Ce niveau a fait et doit faire d’eux des coéquipiers qui tirent une équipe vers le haut, par la performance et l’exemplarité. Mais on n’est pas performant parce qu’on l’a déjà été. La ProD2 est un championnat difficile qui nécessite motivation et forme physique sinon elle vous rappelle à l’ordre. Seule la performance et le mérite vous assure une place sur le terrain, comme Manoa a su le faire précédemment. On verra à l’usage, mais oui, le feeling est bon.

Le prochain match à Jersey va valider la préparation et le stage de Saint-Lary, quels sont les enseignements que tu espères tirer de cette rencontre?
Le match ne valide pas le stage particulièrement. C’est un passage obligé dans la préparation après 6 semaines de travail sans opposition. Les joueurs attendent ce moment pour quitter le rythme de l’entraînement et retrouver l’adrénaline de la compétition et des contacts à balles réelles. On espère voir des séquences de jeu qu’on travaille depuis la reprise et des attitudes au contact et en conquête, des connections qui se rapproche des attentes. On imagine que Jersey RFC cherchera à marquer son territoire à domicile et qu’on sera assez loin d’un entraînement dirigé.

Vous jouez en amical contre Bourg en Bresse à Arzon, puis en Championnat la-bas pour la première journée, pas trop gênant pour vous?
On ne va pas se mentir, ce n’est pas l’idéal car les 2 équipes auront un peu la tête à la semaine suivante au lieu d’être totalement centrées sur l’instant présent. Ce match a été acté avant la parution du calendrier. Notre éloignement ne facilite pas la planification des matchs de préparation et on est très satisfait de pouvoir recevoir Bourg en Bresse à Arzon. Le verre est quand même davantage plein: les 2 équipes voudront montrer un visage conquérant, 8 jours avant de se jouer pour les points et on risque de s’approcher de l’intensité d’un match de ProD2.

Vous ne recevrez comme la saison dernière que lors de la troisième journée, peux tu dire un mot à nos supporters qui vont encore vibrer à La Rabine, un des meilleurs publics de Pro D2
C’est vrai qu’on aurait aimé ne pas recommencer une saison par 2 matchs à l’extérieur comme précédemment et peut être jouer un match de préparation à domicile, mais il s’agit d’un autre aléa dont on va s’accommoder. Un calendrier n’est bon que si on gagne. Clairement un formidable moment de rugby de jouer à la Rabine donc il existe une forme d’attente pour les joueurs. Le stade, les supporters font partie de l’aventure qu’on vit.

Merci Jean-No, et Bonne saison