Branden Holder ne lâche jamais rien

Branden Holder ne lâche jamais rien

Photo D.Kilani

Branden Holder après un début de saison avec les Espoirs a été titularisé comme centre au RCV en Pro D2 depuis quelques rencontres.
Branden est quelqu’un qui ne lâche rien, et veut aller au bout de ses ambitions, en continuant à progresser alors qu’il n’a que 22 ans depuis Octobre.
Plutôt arrière ou ailier, c’est comme trois-quart centre qu’il a disputé les matches contre Colomiers, Oyonnax, Brive et Massy.
Gerard Fraser l’a beaucoup aidé dans son évolution.
« Branden est un gros bosseur, avec toute la technique pour jouer à plusieurs postes.
Donc sa progression en 13, c’était plutôt des petit règlages spécifiques au poste de centre. Il a encore une grosse marge de progression a faire, vu la complexité du poste, mais avec son envie et son exigences sur lui même, je pense que nous n’avons pas encore vu toutes ses qualités.  »
Ce Sud-Africain originaire de la région de Durban n’a pourtant commencé le rugby que sur le tard.
Il a rapidement aimé le rugby Français et la France et sa volonté a été de venir dans notre pays.
Première expérience à Périgueux en fédérale 1, retour en Afrique du Sud.
Il reviendra en Dordogne mais la rétrogradation en fédérale 3 pour raisons financières du CAP le fait émigrer à Agen.

Interview

1/ Branden, tu as commencé sur le tard au Rugby, peux tu nous dire quel a été l’élément déclencheur qui t’as fait démarré dans ce sport?
Quand j’étais enfant, le sport était une partie importante de ma vie et j’essayais d’y participer autant que possible. J’ai pratiqué des sports comme le foot , le hockey, la natation, l’athlétisme, le cricket et puis j’ai commencé le rugby qu’à l’âge de 12 ans. Le rugby est l’un des sports les plus appréciés en Afrique du Sud et constitue presque une culture pour nous. Chaque homme de ma famille avait joué au rugby et c’était la conversation la plus populaire lors de nos réunions de famille. Mais ma plus grande inspiration a été mon père. Il avait l’habitude de me raconter toutes ses vieilles histoires de l’époque où il jouait avec son frère aîné. Ils avaient joué à un niveau assez élevé dans notre région, et  ils voulaient suivre leurs rêves. Mais le rugby n’était pas très professionnel à l’époque et le travail était évidemment plus important pour eux. Alors, à 12 ans, j’ai pris sur moi d’essayer de finir ce qu’ils avaient commencé et de les rendre tous fiers.

2/ Peux tu nous parler de ta ville d’origine en Afrique du Sud?
J’ai grandi dans une petite ferme proche de Pietermaritzburg. Pour les personnes qui ne connaissent pas trop l’Afrique du Sud, il s’agit d’une ville située à environ 40 minutes de Durban, sur la côte Est de l’Afrique du Sud.

3/ Comment se sont passés tes débuts et à quel poste t’es tu spécialisé rapidement?
C’est ironique mais je pense qu’à l’époque, j’ai commencé au centre mais ayant déjà joué au football avant,  les entraîneurs ont vu que j’avais un gros pied gauche, et ils m’ont rapidement renvoyé à l’arrière.

4/ Tu as été un supporter de l’équipe d’Afrique du Sud mais aussi de l’équipe de France, qu’est ce qui t’a plu chez les bleus ?
Ahh oui , je me souviens toujours d’avoir regardé les matchs du rugby français en tant que jeune garçon! En Coupe du Monde, si je ne soutenais pas les Springboks, je criais toujours pour les Bleus. J’ai toujours trouvé qu’ils jouaient avec tant de cœur et de passion. Je pensais que le «French flair» était le type de rugby avec lequel je pouvais jouer. C’était toujours une petite blague dans ma famille que le rêve de Branden soit de jouer au rugby pour la France et se marier avec une française.

5/ Qu’est ce qui t’a motivé de venir en France, à Périgueux où tu es revenu ensuite, ce qui démontre que tu ne lâche jamais rien?
En 2015, je suis arrivé à Périgueux avec 3 autres Sud-Africains sous la responsabilité de Brian Liebenberg. J’imagine que c’était juste un mauvais timing, car à ce moment-là, le club faisait face à de nombreux problèmes internes et cela affectait extrêmement l’équipe de rugby, ce qui les a conduit à descendre en fédérale 3. Pour nous les Sud-Africains qui avions joué à un assez bon niveau en moins de  18 ans, ce n’était pas le meilleur exemple du rugby de la France et cela obligeait deux d’entre nous quatre à vouloir rentrer chez nous et ne pas revenir. Quant à moi, je devais aussi rentrer chez moi car nous ne pouvions rester en France que six mois avec nos visas mais je me suis fixé comme objectif de revenir en France, même si je savais que ma seule opportunité était de retourner à Périgueux.J’ai donc travaillé dans une usine en Afrique du Sud pour gagner l’argent dont j’avais besoin pour mon visa et mon vol de retour en France. Après 6 mois compliqués à jouer en Fédérale 3 avec Périgueux, j’ai eu la chance d’être approché par Sébastien Calvet (responsable de l’équipe Espoir à Agen). Il m’a offert l’opportunité de jouer à un niveau qui  me convenait mieux avec les Espoirs à Agen.

6/ Parle nous de tes débuts avec le SU Agen et de tes matches avec les Pros, quels joueurs t’ont aidé à progresser?
J’ai passé deux saisons à jouer pour Agen où j’ai eu la chance de jouer sous les ordres de grands entraîneurs .La première saison, on avait Jérôme Miquel (entraîneur 3/4 de l’équipe Espoir), Alain Garcia (entraîneur des avants Espoirs) et dirigé par Sebastian Calvet. Au cours de ma première saison, je n’ai pas beaucoup joué , les entraîneurs ont estimé que j’étais assez bon individuellement mais que je n’avais pas très bien jouer collectivement pour l’équipe. C’était difficile pour moi d’accepter cela parce que je pensais que j’avais le niveau. Mais bon, j’ai eu l’impression d’apprendre beaucoup de choses sur l’aspect technique du rugby français et ça a été pour moi une grande année d’apprentissage non seulement sur le terrain de rugby, mais aussi en classe avec des cours de français. C’est lors de la deuxième saison sous la direction d’Olivier Campan (le nouvel entraîneur des 3/4 d’Espoirs) que j’ai vraiment commencé à faire quelque chose de spécial sur le terrain. Il a cru en moi dès notre premier match amical et m’a donné l’occasion de montrer mon potentiel.Après quelques bonnes performances en Espoir, j’ai enfin eu la possibilité de jouer avec les pros en Challenge Européen où j’ai eu l’occasion de jouer contre de grandes équipes comme Gloucester en Angleterre et les Zèbres en Italie.

Essai de Branden contre Massy Photos M.Renac et D.Kilani

7/ Te voilà à Vannes où tu as gagné ta place avec les PROS depuis quelques matches, que penses tu du RCV qui côtoie les pros depuis trois saisons seulement par rapport à ce que tu as connu à Agen?
Je pense vraiment que Jean Noël ,Olivier et le club ont fait du bon travail en seulement trois ans. Le plus difficile dans le  rugby français n’est pas d’accéder au niveau supérieur mais surtout de s’y maintenir, c’est un grand défi pour le club.Je pense que l’expression qui convient  est «Rome n’a pas été construite en un jour».  Ici a Vannes, il existe un plan très ambitieux mais les responsables savent que tout ne se passera pas en une saison et la patience est nécessaire. Le club commence lentement à s’aligner sur les standards des meilleurs  clubs en France. Et ça va  le faire!

8/ Rien n’a été facile pour toi, quelles sont les personnes qui t’ont aidé depuis que tu es arrivé à Vannes pour progresser comme tu l’as fait?
La plus grande motivation de ma vie est ma famille. Bien qu’ils soient à 10 000 km., un appel téléphonique avec eux m’a aidé à sortir de nombreux moments difficiles. Surtout ma mère. Elle est mon cadeau de Dieu et m’a toujours aidé à voir la lumière au bout du tunnel.Elle a toujours cru en moi et m’aidait à croire que je pouvais réaliser tout ce à quoi je m’attaquais. En ce qui concerne le RCV, je suis très reconnaissant de faire partie de cette équipe qui comprend de super gars. Il y a une bonne ambiance parmi les joueurs et depuis le début je me suis sentie intégré du mieux possible. Cela fait une grande différence pour un joueur qui ne joue pas tous les week-ends. Enfin, je tiens à remercier Ged, notre entraîneur des lignes arrières. Je pense vraiment qu’il est un entraîneur extraordinaire, non seulement sur le plan technique, mais aussi sur le plan mental.
Il m’a aidé à grandir en tant que joueur et même à changer de position, ce qui m’a permis de jouer avec les pros.

9/ Un petit retour sut ton match contre Massy, décrits nous ton essai et comment as tu ressenti l’ambiance de La Rabine?
Je suis juste heureux de pouvoir jouer un rôle dans notre victoire.
J’ai déjà joué deux fois à la Rabine et je n’ai pas les mots pour décrire à quel point les deux moments ont été spéciaux pour moi. Le soutien de la Rabine est incroyable et irremplaçable. J’ai le sentiment que c’est le début d’une grande aventure pour le rugby à Vannes et en Bretagne . Il faut dire que le RCV dans son ensemble a déjà accompli de grandes choses seulement dans sa troisième saison de ProD2. Et ravi de voir ce que l’avenir réserve à la Breizh Nation .

Branden, tout le club te souhaite une superbe saison et une belle carrière au RC Vannes et dans le Rugby Français.